Les bras qui tremblent, le c½ur battant plus vite que jamais. Des pensées qui fusent d'un mur à l'autre de mon esprit; défonçant toutes les barrières, traversant chaque frontière. C'est dans ces instants là. Dans ces moments que malgré toutes tes certitudes; malgré les fantômes des promesses mortes en lesquels tu continue naïvement de croire qu'un coup de vent vient emporter les cendres de tes illusions. Balayer les éclaircis d'un bonheur possible de nuages d'affliction, d'une tempête de détresse. Effacer toujours peu à peu tes espoirs de sérénité contre elle. Les marques indélébiles de nos corps l'un contre l'autre sont contraintes de disparaître, il reste la solitude & la compagnie de l'oubli. Une amnésie avec qui je ne m'emporterais, aucune perplexité ne m'y forcera. T'en es réduis à ce point, de vivre sur des espoirs perdus de ces jours où on avait tutoyé un peu du divin.
Je glisse une roulée entre mes lèvres et l'allume. Je me promène dans mon appartement et vérifie que rien n'a changé, que ce n'était qu'une crise. Que tout est bien à sa place, & puis je me rends compte que je me laisse aller, alors je me racle la gorge et tire sur ma cigarette. Le spleen m'étreint encore le c½ur. Je me mets à rire, nerveusement. Je me mets à pleurer & les sanglots m'emportent. Je jette mon mégot par le velux entrouvert. Je me remémore encore l'ivresse de nos baisers, la folie de nos nuits.
Nos yeux brillaient parfois, nos voix rebondissaient, aiguës et austères, contre les murs, nos mots ricochaient.